A Conakry, le péril de l’insalubrité exige un sursaut citoyen

À Conakry, les immondices ont fini par faire partie du paysage. Des caniveaux obstrués aux abords des marchés, les déchets s’entassent en silence, attendant un hypothétique ramassage. Mais ce laisser-aller ne défigure pas seulement nos villes : il tue. Entre flambées de choléra, recrudescence du paludisme et inondations dévastatrices à chaque saison des pluies, l’incurie sanitaire est devenue une menace vitale.

Face à ce désastre, l’incrimination des pouvoirs publics est devenue un automatisme. Absences de décharges aux normes, logistique défaillante, budgétisation insuffisante : le procès fait aux autorités est légitime. Cependant, rejeter la faute sur les seuls décideurs offre une excuse bien commode pour masquer nos propres renoncements.

Une ville salubre n’est pas le fruit d’un miracle étatique, mais le produit d’une discipline quotidienne. Du sac d’ordures déposé à la hâte au bord d’une chaussée jusqu’à l’abandon des réflexes civiques les plus élémentaires, le problème prend racine dans nos foyers. La chaîne de la propreté s’articule à tous les échelons :

  • À l’échelle du foyer et du secteur : La gestion rigoureuse des déchets ménagers conditionne la salubrité du voisinage immédiat.

  • À l’échelle du quartier et de la commune : L’assainissement collectif repose sur l’entretien des devantures et le respect des points de collecte par chaque habitant.

  • À l’échelle nationale : L’image sanitaire du pays reflète directement l’addition de ces comportements individuels.

Pointer du doigt l’État ne dispense personne d’agir. Si l’établissement d’infrastructures pérennes relève des prérogatives de la puissance publique, la bataille contre l’insalubrité se gagne d’abord dans les mentalités. Chaque caniveau préservé et chaque initiative communautaire de nettoyage constituent une victoire immédiate contre la maladie.

C’est le sens du combat mené par l’ONG Carelink-us. L’insalubrité n’est ni une fatalité, ni un problème réservé aux seuls ministères. C’est une responsabilité partagée dont le premier maillon se trouve devant notre propre porte.

Facebook
Twitter
LinkedIn